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11 août 2011

COTE D'IVOIRE : RELANCE ECONOMIQUE DIFFICILE, MAIS L'ESPOIR EST PERMIS

DRAPEAU CI.jpgAFP.gifABIDJAN — De l'asphyxie aux pillages, l'économie ivoirienne peine à se remettre de plusieurs mois d'une crise politico-militaire sans précédent, mais l'espoir est permis pour le premier producteur mondial de cacao avec une sécurité améliorée et le retour de l'aide extérieure. "On découvre tous les jours des pertes", déclare à l'AFP Jean-Louis Billon, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire (CCI).

Pour lui, "on doit rebâtir une économie" à l'issue de la crise née de la présidentielle de novembre 2010 et close avec l'arrestation de l'ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril.
Sanctions européennes pour étrangler le régime déchu, embargo sur les ports, effondrement du système bancaire: la première économie d'Afrique de l'Ouest francophone a payé le prix fort.
Inscrite dans le nouveau budget, la prévision de récession (-6,3%) résume l'ampleur du défi pour le nouveau président Alassane Ouattara, ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI).
Les deux semaines de guerre, fin mars-début avril, ont été le coup de grâce.

A l'arrêt de l'activité se sont ajoutés, durant et après les combats, des pillages gigantesques qui n'ont épargné personne, petits commerçants, PME ou multinationales.
Première entreprise privée du pays, le géant agro-industriel Sifca, dirigé par M. Billon, a subi "20 milliards de francs CFA de pertes" (30 M EUR), en raison des pillages et de la perte d'exploitation, précise-t-il.
Selon une estimation provisoire de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI), les pertes globales atteindraient "entre 600 et 1.000 milliards de francs CFA" (entre 900 M EUR et 1,5 md EUR).

Hôtellerie, industrie, transport: le choc a été rude. Et les difficultés persistantes de communication témoignent des dégâts subis par les opérateurs de téléphonie mobile. Les pertes font actuellement l'objet de discussions serrées entre professionnels et gouvernement, en vue d'indemnisations par l'Etat.

Allègements fiscaux et reprise du remboursement de la dette intérieure (autour de 300 milliards de francs CFA, 450 M EUR) sont aussi à l'ordre du jour.
Les entreprises mettent surtout en avant le besoin de sécurité, alors que le maintien de l'ordre est confié aux Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara, qui se sont livrées à des pillages massifs.
"Tant qu'on aura des hommes en armes dans les rues, il n'y aura pas de réelle reprise", avertit un entrepreneur du secteur de l'ameublement.

Mais du ménage a été fait, et le racket sur les barrages anarchiques a été endigué à Abidjan. Dans l'intérieur du pays cependant, les FRCI ponctionnent encore lourdement le transport de marchandises.
Toutefois, résume Lakoun Ouattara, directeur général de la CGECI, "la plupart des fondamentaux sont quand même encore là": les banques se sont remises en marche, comme les deux ports (Abidjan et San Pedro, dans le sud-ouest) par où transite le cacao, dont l'exportation a repris dès le 10 mai.

Et le nouveau pouvoir, estimant ses besoins entre 15 à 20 milliards d'euros pour les prochaines années, sait pouvoir compter sur le retour de l'aide internationale, de la France au FMI, qui doit reprendre ses décaissements en juillet.

Déjà, de premiers signes de reprise apparaissent. "Ca commence à frétiller dans le secteur des services ou des mines", relève une source proche des milieux économiques. Un opérateur français constate "une vraie volonté d'investissement".

Si la stabilité politique se confirme après une décennie de tourmente et que l'univers des affaires est assaini, assure Lakoun Ouattara, le pays du "miracle" économique des années 1960-1970 pourrait même aller au-delà de ses "espérances".

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