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01 février 2012

Secteur bancaire ivoirien : Pourquoi Ouattara veut privatiser les banques d`Etat

DRAPEAU CI.jpgCI 15.jpgPublié le mercredi 1 fevrier 2012 | Le Patriote
Elle fait jaser. Oui, la nouvelle de la privatisation voire de la liquidation des banques d'Etat alimente les causeries. Chacun y va de son commentaire. Et tout le monde se mue en banquier. Qu'en est-il exactement ?

Le président de la République, Alassane Ouattara, lors de sa récente visite d'Etat sur les bords de la Seine, précisément devant le patronat, a évoqué la privatisation prochaine des banques d'Etat : Bni (Banque nationale d'investissement), Bfa (Banque pour le financement agricole), la Bhci (Banque de l'habitat de Côte d'Ivoire), Cnce (Caisse nationale des caisses d'épargne), Versus Bank. Le président Ouattara, économiste, financier et banquier de son état, en évoquant cette privatisation sait de quoi il parle. En effet, le président Ouattara veut surtout que ces banques jouent le rôle qui est le leur : A savoir, faire du business pour la clientèle et non servir à tort et à travers les politiques. C'est surtout un problème de gouvernance qui guide le chef de l'Etat ivoirien. La Côte d'Ivoire qui veut utiliser à bon escient ses ressources n'entend plus les ''gaspiller'' en injectant constamment de l'argent pour relever des banques en proie à la banqueroute. Après analyse de la situation des banques d'Etat, le président Ouattara s'est rendu compte que le nœud gordien des banques ivoiriennes est leur gestion (managériale ou financière). Ces banques, même si elles appartiennent à l'Etat, ne sont pas gérées comme l'exige leur métier. Ce sont donc des problèmes de gestion qui gangrènent les banques d'Etat. En prime des crédits octroyés aux politiques et qui ne sont jamais recouvrés, une trésorerie en lambeaux. Des banques qui ne sont pas solvables et qui tirent le diable par la queue. Bref ! La transparence a foutu le camp dans certaines banques. Mais au-delà de cette malgouvernance dans les banques, il y a cette volonté subtile d'éviter l'instrumentalisation des banques d'Etat. Comme ce fut le cas lorsque la Bceao avait demandé à toutes les banques, sans exception, de fermer pour ne pas cautionner la forfaiture de l'ex-pouvoir. Les banques d'Etat avait refusé de le faire. Fonctionnant donc en dehors des règles de gestion préétablies par la Bceao. Fort des privatisations réussies des secteurs de l'électricité, de l'eau, de l'industrie sucrière et autres, Ouattara qui était à la base de cette métamorphose en 1990 entend remettre le couvert. Il faudrait donc inscrire l'annonce faite par le président de la république, dans un processus global qui tend à favoriser une nouvelle privatisation des sociétés para publiques et publiques dans le sillage de celles qui ont eu lieu dans le courant des années 90 alors qu'il était aux affaires. En général, les programmes de privatisation obéissent à trois grandes motivations. D'abord les avantages budgétaires à court terme générés par le produit des recettes de la privatisation, la réduction des subventions massives qui étaient accordées à des entreprises publiques souvent déficitaires, et l'élargissement de l'assiette fiscale lorsque ces entreprises deviennent bénéficiaires et que le nombre de transactions augmente sur la durée ; ensuite l'impact économique et social positif de la concurrence. Car on attend d'elle qu'elle encourage l'efficience des entreprises, fasse baisser les prix et améliore l'accès aux services autrefois fournis par l'État ; enfin, le développement des marchés financiers et une participation accrue des acteurs locaux afin d'attirer les investissements directs étrangers et de stimuler le développement du secteur privé. L'Etat veut surtout se retirer des secteurs qui peuvent compromettre la gouvernance qui est un indicateur important chez des Etats modernes. Il s'agit désormais de mettre les acteurs économiques devant leur responsabilité. La Côte d'Ivoire, après la stabilité, a décidé de faire de la relance économique son cheval de bataille. Une relance qui peut être impulsée par le secteur bancaire. Faut-il le rappeler, Ouattara a eu l'occasion de parler des banques à Paris mais il n'y a pas que ce seul secteur qui soit concerné par les mesures de privatisations.

Jean Eric ADINGRA

29 janvier 2012

Secteur de l`énergie : Un nouveau code bientôt soumis au Gouvernement

DRAPEAU CI.jpgCI 1.gifPublié le vendredi 27 janvier 2012 | Ministères

Le Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie, sous la houlette du Ministre Adama Toungara, veut redynamiser le secteur de l’énergie en Côte d’Ivoire. A cet effet, un nouveau code de l’énergie est en cours d’élaboration. L’avant projet dudit code qui sera soumis au Gouvernement dans quelques semaines, a été présenté à certains ministères au nombre desquels les Ministères d’Etat, Ministère de la Justice et de l’Intérieur, le Ministère de l’Economie et des Finances.

C’était au cours d’une réunion qui s’est déroulée le vendredi 27 janvier 2012, au 15ème étage de l’immeuble Sciam au Plateau sous la présidence de M. Noël Guetat, le Directeur de Cabinet du Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie. Ce code qui offrira certaines facilités fiscales, attirera les investisseurs en vue d’un nouveau départ pour le secteur de l’Energie en Côte d’Ivoire.

N’oublions pas que dans ce secteur, le pays ambitionne de devenir un vaste marché énergétique en Afrique de l’Ouest. Pour la finalisation du nouveau code de l’Energie, un comité a été mis en place.

Communiqué du ministère de l`Industrie: Rappel du recensement des entreprises en attente de leurs actes d`attribution

DRAPEAU CI.jpgCI 1.gifPublié le samedi 28 janvier 2012 | Ministères

Le Ministère de l’Industrie, à travers le Comité de Concertation Etat/Secteur Privé (CCESP), vous rappelle que le dernier délai pour le recensement des entreprises en attente de leurs actes d'attribution de lots industriels :

- lettre d’attribution ;

- arrêté de concession provisoire (ACP) ;

- bail emphytéotique

est prévu pour le mercredi 15 février 2012.

Le recensement se tient tous les jours ouvrables de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h dans les locaux du CCESP.

Le Ministère de l’Industrie reste à votre disposition aux numéros verts 800 000 70 et 141 (gratuits) pour toutes vos préoccupations.

ENSEMBLE POUR UNE ECONOMIE PERFORMANTE

Mariam FADIGA
Secrétaire Technique du
Comité de Concertation Etat/Secteur Privé
Ministère de l’Industrie

20 janvier 2012

Recherche pétrolière : La Côte d`Ivoire signe six contrats

DRAPEAU CI.jpgPETROLE.jpgPublié le jeudi 19 janvier 2012 | Le Patriote
Le gouvernement ivoirien vient d`accorder l`exploration et l`exploitation de six Blocs pétroliers au groupe nigérian Taleveras Energy et à la Société nationale pétrolière ivoirienne, Petroci. La cérémonie de signature de ces contrats de partage de production s`est déroulée hier, au ministère des Mines, du pétrole et de l`énergie en présence du ministre de l`Economie et des Finances, Charles Koffi Diby. Les trois premiers contrats signés avec Taleveras Energy portent sur les Blocs CI-501 (512,51 km_), CI-504 (399,04 km2) et CI-523 (612,84 km_), situés à des profondeurs comprises entre 200 et 2500 mètres d`eau au large des côtes de Jacqueville et des côtes d`Adiaké.

Alors que les deux derniers Blocs s`étendent sur de vastes surfaces, le premier Bloc concerne un rendu de petite surface. Le groupe Taleveras a, également, obtenu l`exploration de ce Bloc, en partenariat avec la Petroci. Pour la première période d`exploration qui durera 6 ans, le groupe nigérian réalisera le traitement des données sismiques 2D et 3D existantes ; l`acquisition sismique 3D sur la partie non couverte des Blocs et des études géologiques, géophysiques et d`ingénierie. Le tout, pour un investissement minimum de 18 milliards de FCFA (36 millions de dollars). Selon Adama Toungara, cette signature de contrats est la concrétisation de l`invitation du Président Alassane Ouattara au secteur privé nigérian, à investir en Côte d`Ivoire.

« Ainsi, l`accord avec Taleveras Energy renforce le partenariat et les relations pétrolières avec le Nigeria source principale de l`approvisionnement de la SIR en pétrole brut lourd pour lequel notre hydrocraqueur est très performant » a précisé le ministre Toungara. Igho Sanomi, directeur général de Taleveras Energy s`est engagé à respecter les engagements compris dans les contrats. Les trois autres contrats accordés à la Petroci portent sur le Bloc onshore de CI-520 à Adiaké et les Blocs en mer CI-500 et CI-502 à Grand-Lahou et Jacqueville. Selon le directeur général de Petroci, Gnangni Daniel, c`est la première fois que sa structure obtient du gouvernement ivoirien, l`autorisation d`explorer et d`exploiter directement en tant qu`opérateur des Blocs pétroliers dans le bassin sédimentaire ivoirien. « Nous pensons que nous avons amassé suffisamment d`expérience pour relever ce défi » a-t-il assuré.

Sogona Sidibé

12 janvier 2012

TRANSPORT AÉRIEN : DÉCOLLAGE D'AIR COTE D'IVOIRE EN MARS

DRAPEAU CI.jpgAIR CI.jpgPublié le jeudi 12 janvier 2012 | Le PatrioteLa nouvelle compagnie aérienne Air Côte d'Ivoire prendra son envol fin mars 2012. Hier, au cours d'une rencontre avec la presse à son cabinet, le ministre des Transports, Gaoussou Touré, a levé un coin de voile sur le démarrage des activités de cette compagnie aérienne, initialement prévu ce mois. Gaoussou Touré a d'abord justifié ce décalage par le changement survenu au niveau de la direction d'Air France. Car cette compagnie française devait se prononcer sur la création de Air Côte d'Ivoire. « Aujourd'hui, nous avons l'accord et on attend que le conseil d'administration entérine la décision de la nouvelle direction», a expliqué le ministre des Transports. Reconnaissant que cela n'entame en rien le processus de création de cette structure. « Nous travaillons pour que d'ici à fin mars 2012, Air Côte d'Ivoire puisse être dans les airs», a-t-il annoncé. Revenant sur la grogne des agents de l'ancienne compagnie Nouvelle Air Ivoire, Gaoussou Touré a fait des précisions. A propos du paiement de leurs droits (près de 1,8 milliard de FCFA), même s'il trouve cela légitime, il a cependant noté qu'il n'est pas du ressort du ministère des Transports de satisfaire à cette obligation. «La société qui a été dissoute le 5 septembre 2011 est actuellement en liquidation. Ce n'est pas l'Etat de Côte d'Ivoire qui doit, mais la société. Il appartient donc au liquidateur de faire la part entre les actifs et les passifs en vue de procéder au paiement de cette somme aux agents», a précisé Gaoussou Touré. S'agissant du recrutement de ces ex-agents, le ministre des transports s'est voulu clair. « Le ministère crée la société mais n'a aucunement la gestion courante de la société. L'Etat de Côte d'Ivoire n'est pas le seul actionnaire (51%). Il y a Air France avec 35% et le privé avec 14%», a-t-il précisé. Se prononçant par ailleurs sur le permis de conduire, le ministre des Transports a annoncé de nouvelles mesures visant à faciliter la délivrance du permis de conduire, la carte grise et tous les autres documents de transport.

Sogona Sidibé

11 janvier 2012

LE PRIX ANZISHA 2012

ANZISHA.gif

ETES VOUS UN JEUNE LEADER AFRICAIN AYANT RESOLU UN PROBLEME DANS VOTRE COMMUNAUTE ?

Le Prix Anzisha?

Le Prix Anzisha est la plus grande récompense offerte à des leaders africains âgés de 15 à 20 ans ayant développé et mis en œuvre des solutions novatrices pour résoudre des problèmes auxquels leur communauté est confrontée.

Le Prix permet de découvrir des jeunes Africains que leur passion pour l’Afrique a conduits à concevoir et développer des projets qui transforment leur communauté et le continent. Le Prix Anzisha est une initiative de l’African Leadership Academy en partenariat avec la Fondation Mastercard.

ANZISHAcash-prizes.jpgQuelle est la récompense?

Quinze finalistes, venant de toute l’Afrique, gagneront un voyage en Afrique du Sud, tous frais payés, pour participer pendant un long week-end à un atelier sur l’entrepreneuriat sur le campus de l’African Leadership Academy, dans la banlieue de Johannesburg. Les vainqueurs du grand prix, sélectionnés parmi les finalistes, se partageront des récompenses d’une valeur totale de 75.000 US$ qu’ils pourront utiliser pour améliorer leurs projets.

Quels sont les critères?

Chaque candidat sera jugé sur les points suivants:

Impact: les efforts du candidat mènent à un résultat éprouvé, mesurable et positif.
Ingéniosité: le candidat trouve une nouvelle et meilleure approche pour résoudre un problème majeur dans sa communauté.
Extensibilité: la solution du candidat peut être également appliquée dans d’autres communautés rencontrant les mêmes problèmes.

Quand puis-je poser ma candidature?

Le plus tôt possible ! La date limite du concours est fixée au 1 mai 2012, mais il est vivement conseillé de remettre le dossier de candidature plus tôt.

Comment puis-je soumettre ma candidature?

Veuillez télécharger le formulaire de candidature en cliquant sur le lien ci-dessous pour avoir des renseignements plus complets sur l’admissibilité, le calendrier de la compétition et les instructions pour la candidature.

Questions?

Nous serons heureux de répondre à toutes questions concernant le Prix, votre admissibilité ou le processus de candidature. N’hésitez pas à nous contacter par courriel, par téléphone ou par SMS:

Courriel: prize@anzishaprize.org
Tél: +27 11 699 3000 (Afrique du Sud)

Téléchargez le formulaire (380KB) http://www.anzishaprize.org/export/sites/ala prize/downloads/2012_Anzisha_Prize_Application_Form_French.doc

Si vous n'arriviez pas à télécharger le formulaire, n’hésitez pas à contacter INNOVATION COTE D'IVOIRE par courriel : innovationctedivoire@yahoo.fr Nous serons heureux de vous le faire parvenir.

Visitez le site suivant: www.anzishaprize.org

UEMOA : CE QUE PESE CHAQUE PAYS EN 2012

DRAPEAU CI.jpgUEMOA.jpgPublié le mardi 10 janvier 2012 | L'intelligent d'Abidjan
Depuis fin décembre 2011, chacun des pays membres de l’Uemoa a bouclé son budget de finances au titre de l’exercice 2012.
La particularité de ces budgets, c’est qu’ils sont orientés vers des investissements. Mais dans l’ensemble, en ce qui concerne la capacité de mobilisation des ressources, la Côte d’Ivoire occupe la première marche du pavé avec plus de 3 160 milliards de FCFA.
Traduisant ainsi sa position de leader dans la sous-région.

En termes de capacité de mobilisation de ressources, la Côte d’Ivoire est suivie du Sénégal, avec un budget de 2.221,3 milliards de FCFA. Déficitaire à hauteur de 2.266,9 milliards, le Sénégal devra recourir à d’autres sources pour combler le gap.
Le Burkina Faso connaît lui aussi, un déficit par rapport à son budget de finances 2012. Les recettes sont estimées à 1. 207, 650 milliards de FCFA contre des dépenses évaluées à 1.400,781 milliards de FCFA, soit un gap de près de 1993 millions FCFA à rechercher. Ce pays occupe la 4ème place en termes de capacité budgétaire.
Ensuite, vient le Mali avec un budget déficitaire comparativement aux besoins du pays. Ainsi le budget se compose en ressources à 1.341,508 milliards de FCFA et en dépenses à 1.483,495 milliards de FCFA Ce qui fait un trou, c'est-à-dire un déficit de 141,988 milliards de FCFA. Le gap devra être financé par les ressources provenant des aides budgétaires extérieures et les titres d'emprunts émis par le Trésor.
Le Niger occupe le 6ème rang du classement avec un budget en croissance. Celui-ci s'équilibre en recettes et en dépenses à 1.262,767 milliards de FCFA contre 933,41 milliards de FCFA en 2011.
Au titre du classement des pays par budget, le Togo et la Guinée Bissau occupant respectivement la 7è et 8ème place avec un budget de 644, 500 milliards de FCFA et 116,1 milliards de FCFA.

Budget de finances des huit pays de l’UEMOA

BENIN
 Budget (en milliard) : 1.019,549
 Recettes (en milliard) : 1019,549
 Dépenses (en milliard) : 1019,549
BURKINA FASO
 Budget (en milliard) : 1.207,650
 Recettes (en milliard) : 1 207,650
 Dépenses (en milliard) : 1 207,650
COTE D’IVOIRE
 Budget (en milliard) : 3.160
 Recettes (en milliard) : 3 160
 Dépenses (en milliard) : 3 160,
GUINEE BISEAU
 Budget (en milliard) : 116,1
 Recettes (en milliard) : 116,1
 Dépenses (en milliard) : 116,1
MALI
 Budget (en milliard) : 1.341,508
 Recettes (en milliard) : 1.341,508
 Dépenses (en milliard) : 1.483,495
NIGER
 Budget (en milliard) : 1.262,767
 Recettes (en milliard) : 1.262,767
 Dépenses (en milliard) : 1.262,767
SENEGAL
 Budget (en milliard) : 2.221,3
 Recettes (en milliard) : 2.221,3
 Dépenses (en milliard) : 2.266,9
TOGO
 Budget (en milliard) : 644, 500
 Recettes (en milliard) : 644, 500
 Dépenses (en milliard) : 656,200

Classement par pays en terme de budget le plus élevé (en milliard)

 1er : Côte d’Ivoire 3 160,
 2ème : Sénégal 2.221,3
 3ème : Mali 1.341,508
 4ème : Burkina Faso 1.207,650
 5ème : Mali 1.341,508
 6ème : Niger 1.262,767
 7ème : Togo 644, 500
 8ème : Guinée Bissau 116,1

17 décembre 2011

Développement / Le président du ces, Zadi Kessy, propose: "La croissance doit partir des ménages"

Le président du ces, Zadi Kessy, propose, dans cette réflexion, la nécessité d’impulser le développement par la base : le ménage. une approche micro économique qui apparaît comme un troisième paradigme du développement

Il peut sembler singulier, a priori, de s’intéresser au rôle du ménage dans le développement économique et social d’un pays, quand on a été longtemps prisonnier du dogme selon lequel l’entreprise et l’etat travaillent solidairement pour le bien-être des ménages. pourtant, il suffit d’observer la misère économique et politique de la plupart des pays africains, la précarité des conditions d’existence que certains dirigeants offrent à leurs peuples pour comprendre que rien n’est aussi éloigné de la vérité que cette théorie illusoire. la côte d’ivoire, notre pays, n’échappe pas aujourd’hui à la situation des autres pays africains. avec 980$ de pib per capital en 20081, en parité de pouvoir d’achat, elle est classée, dans le cia Factbook, à la 188e place sur les 193 etats membres des Nations unies. elle était donc la 6e économie mondiale à avoir créé le moins de richesse par tête d’habitant. elle comptait officiellement 45% de chômeurs, 61% d’analphabètes et 48,9% de sa population, c’est-à-dire près d’un ivoirien sur deux, vivaient en dessous du seuil de pauvreté (moins de 500 F cfa/jour). ce qui signifie, en estimant la taille d’un ménage entre7 et 10 personnes, qu’un ménage ivoirien sur deux ne dispose que d’un revenu journalier compris entre 3500 et 5000 francs pour vivre. avec un tel revenu, il doit couvrir tous ses besoins en nourriture, logement, vêtements, soins médicaux, de scolarisation des enfants, de déplacement et de loisirs, etc. on objectera, sans aucun doute, que la situation est imputable à la longue crise politique et militaire qu’a connue le pays. comme si un etat responsable ne devait pas la paix sociale et la stabilité politique à ses citoyens et à ses entreprises. c’est donc dire que dans le trio d’acteurs du développement économique et social, en afrique, le ménage est sans doute le plus fragile, mais en même temps le plus précieux, car en définitive de lui dépendent à la fois le destin des dirigeants de l’etat et, dans une large mesure, l’essor des entreprises qui n’exploitent que le marché intérieur. il constitue, en effet, sur le plan politique, un inestimable noyau d’électeurs non partisan, mais affectivement et souvent idéologiquement soudé. en outre, sur le plan économique, il correspond au foyer fiscal utilisé dans un certain nombre de pays pour le calcul de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. il est également à la fois un bassin essentiel de main d’oeuvre pour les entreprises et un facteur de production indépendant. enfin, sur le plan commercial, il est une source vitale de la consommation, elle-même aiguillon capital de la production. Si donc le ménage est démuni, comme il l’est aujourd’hui en côte d’ivoire, comment peut-il efficacement contribuer aux recettes fiscales de l’etat ? comment peut-il épargner, pour mettre à la disposition de l’économie nationale une partie de l’épargne privée intérieure nécessaire aux investissements avec le minimum d’endettement ? comment peut-il consommer ce que les entreprises produisent et contribuer ainsi à leur essor ? comment peut-il constituer un marché intérieur susceptible de retenir ou d’attirer le plus grand nombre d’entreprises sur le territoire national? le ménage aussi terriblement paupérisé peut-il favoriser et pérenniser la sécurité intérieure, la paix sociale et la stabilité politique du pays, préalables à toute oeuvre de développement ? peut-il continuer d’assumer, sans faille, ses fonctions traditionnelles d’éducation et de socialisation de la jeunesse ainsi que celle d’enracinement moral du citoyen ? tel est le questionnement qui justifie l’examen du rôle du ménage dans la problématique du développement économique et social de la côte d’ivoire d’aujourd’hui. et cet examen s’impose aujourd’hui avec la force et l’urgence de la nécessité impérieuse : la nation ivoirienne est politiquement si clivée, économiquement minée par la question du foncier rural et moralement oxydée par toute sorte d’incivisme, que l’approche macroéconomique du développement semble actuellement poser plus de problèmes qu’elle n’en peut résoudre.c’est pourquoi il n’y aurait nulle outrance à se demander si une démarche plutôt microéconomique, prenant le ménage pour levier principal, ne serait pas mieux appropriée au développement économique et social de la côte d’ivoire. dans une telle hypothèse, il s’agirait de savoir comment le ménage pourrait contribuer plus efficacement à ce développement et, à cet égard, la présente communication suggère deux voies possibles : (i) promouvoir une politique de revenus des ménages ; et (ii) entreprendre des campagnes systématiques de sensibilisation et de formation.

I.- POUR UNE POLITIQUE DE REVENUS DES MENAGES

On entend par politique de revenus des ménages, l’ensemble des dispositions
préconisées en vue d’assurer à ceux-ci des revenus primaires, c’est-à-dire des gains pécuniaires tirés directement de leurs activités économiques salariées ou non, et indirectement de l’exploitation de leur patrimoine, s’ils en ont. Evidemment, apprendre aux ménages à bien gérer ces revenus ou à les accroître constitue également un élément important de cette politique, car la plupart du temps, en dehors des cas patents de chômage, le problème central des ménages réside, avant tout, dans la mauvaise gestion de leurs revenus. En ville, comme à la campagne, il n’est pas rare, en effet, d’entendre les complaintes et les jérémiades de cadres et d’exploitants agricoles sur l’insuffisance
de leurs revenus, alors même qu’ils gagnent bien mieux leur vie que leurs semblables. Et si ces derniers, paradoxalement, mènent une meilleure existence, c’est souvent simplement parce qu’ils savent gérer le peu qu’ils gagnent. En fait, promouvoir une politique de revenus pour les ménages ivoiriens reviendrait aujourd’hui à trouver les meilleures méthodes pour les inciter à créer des richesses et à leur apprendre à gérer rationnellement et de façon disciplinée leurs revenus. Cela consisterait aussi et surtout à leur apprendre à épargner, non seulement pour se prémunir contre les manques, les revers de fortune et les périls futurs, mais encore pour financer à terme des investissements rentables et contribuer au développement de la nation. Une telle politique a déjà été appliquée à une l’échelle réduite d’un village, Yacolidabouo, pour ce qui concerne la création de la richesse et au sein du groupe Cie-Sodeci, pour l’épargne, avec des résultats stimulants. Cette dernière a d’ailleurs été répliquée de façon tout aussi encourageante dans d’autres
pays africains. Les Nouveaux pays industrialisés d’Asie du Sud-Est et de l’Amérique latine ont suivi des voies similaires dans les années 70-90 pour financer les changements structurels de leurs économies tout en s’assurant des taux de croissance très élevés. On note ainsi le lien très éclairant entre les taux de croissance et d’épargne intérieure de la Malaisie, de la Thaïlande, de la Corée et du Chili dans la période 1986-1995. Ces pays ont, en effet, connu, respectivement, des croissances moyennes du Pib de 7,7%, 9,4%, 8% et 7%,
pour des taux moyens d’épargne de35,5%,33,4%, 36,2% et 27,7%. Ces chiffres montrent tout simplement l’importance de l’épargne pour le développement économique et suggèrent ici que plus on épargne, plus on a les moyens d’investir et plus on investit, plus on stimule la croissance et le développement. L’enseignement qui en découle est utile pour notre pays, certes. Il faut cependant souligner que la politique des revenus et de l’épargne dont il est ici question est culturellement déterminée. Et dans l’exemple ci-dessus, trois des pays concernés se rattachent à une tradition culturelle et philosophique qui sacralise le travail ainsi que la vie frugale, source de l’épargne. Il s’agit des trois pays asiatiques, la Malaisie, la Thaïlande et la Corée. Toutefois, cette tradition pourrait et devrait faire l’objet
d’une adaptation, d’une large vulgarisation et d’un apprentissage méthodique dans notre pays, pour les raisons développées dans les lignes qui suivent.

II. - L’éDUCATION ET LA FORMATION :LEVIERS PRINCIPAUX DE LA POLITIQUE DE REVENUS DES MéNAGES

L’une des vérités les plus importantes de la vie économique que l’on passe malheureusement presque toujours sous silence, c’est le fait que l’immense majorité des ménages ivoiriens, voire africains, n’ont pas la même conception de l’activité
économique que ceux qui administrent l’économie nationale, ni encore moins que les
Occidentaux.« Personne n’est censé ignorer l’économie », pour paraphraser Portalis2, comme ceux qui pensent, souvent à tort évidemment, que tous les ménages sont des homo-économicus, maîtrisant toutes les règles de la vie économique et adoptant des décisions toujours rationnelles en la matière. Il suffirait donc, selon eux, que les ménages suivent les orientations macroéconomiques des experts étatiques pour qu’ils atteignent au bien-être économique. En réalité, l’expérience montre que la gestion microéconomique rigoureuse n’est pas la chose la mieux partagée par les agents économiques,
surtout lorsqu’ils appartiennent à des sphères culturelles aussi différentes que celles de l’Occident et de l’Afrique noire. Alors que l’économie de marché est une réalité déjà dès le 16e siècle et imprègne les valeurs économiques et sociales, en Occident, la plupart des sociétés africaines n’entrent en contact avec elle qu’à la fin du 19e, voire au début du 20e siècle. Elles ne vivaient que de l’économie de subsistance, dans laquelle tout ce qui est produit est consommé et ce qui est consommé est directement produit
par le ménage. Le travail humain n’était pas séparé de l’homme et de ses besoins. C’était l’économie conviviale : tout ce dont le ménage avait besoin lui était fourni directement par la nature sans aucun frais financier. Il n’y avait donc pas besoin de calcul économique et donc d’apprendre à gérer, comme aujourd’hui où tout a un coût économique et financier. Toutes les valeurs politiques, sociales et morales des communautés africaines anciennes construites autour de cette conception économique du don de la nature continuent encore de déterminer largement les mentalités, y compris mêmes celles des cadres formés à l’école occidentale et dont certains gèrent au quotidien l’économie
nationale. C’est pourquoi, tout en s’imposant en toute objectivité et avec urgence,
la politique de revenus des ménages, telle que préconisée, ne va pas de soi et se heurte à de fortes résistances psychologiques. Il a fallu plus de vingt ans pour faire admettre au sein du Groupe Cie-Sodeci, le principe du Fonds commun de placement
et autant, sinon plus de temps, pour accréditer auprès des villageois de Yacolidabouo, par exemple, la nécessité de créer des plantations hévéicoles afin d’avoir des revenus mensuels, puis d’apprendre à bien gérer ces revenus et à en épargner une partie. Des expériences menées sur le terrain, à une petite échelle, donnent des résultats très encourageants qu’il s’agit maintenant de vulgariser. A cet égard, le séminaire de formation
de jeunes exploitants agricoles de Yacolidabouo sur le budget familial et le cadre de vie, qui a eu lieu le mois dernier, à Taabo, est un témoignage intéressant. Son intérêt,en effet, réside dans l’importance de la demande qu’il a suscitée dans la Cité de Taabo, dans le village éponyme et même au-delà, en l’absence de toute publicité. La nouvelle du
séminaire s’était propagée comme par capillarité dans l’ensemble du département.D’ailleurs, madame le sous-préfet et monsieur le maire résident de la commune de Taabo, qui étaient venus délibérément me rendre visite, m’ont demandé d’organiser la même formation au profit de leurs administrés. Le chef du village de Taabo, Nanan Kounan, à qui je rendais, pour ma part, une visite de courtoisie a, lui aussi, demandé et obtenu l’organisation d’une formation identique pour les chefs de ménage de sa juridiction. Cela, sous les ovations des notables et de tous les jeunes qui assistaient à
la réception. L’idée, maintenant, est de sensibiliser les pouvoirs publics et les partenaires
au développement, à la nécessité de cette grande subversion pour le développement économique et social réel de la Côte d’Ivoire, pour le plus grand bien de ses
citoyens et de tous ses résidents.

EN GUISE DE CONCLUSION

Le développement économique et social s’est jusqu’ici présenté sous deux paradigmes distincts : celui de l’économie dirigée d’intérêt général et l’actuel modèle issu du
Consensus de Washington. Le premier avait valu à la Côte d’Ivoire sa notoriété africaine et mondiale, grâce à ce qui passait alors pour son « miracle économique ».
De 1960 à 1980, ni la Banque mondiale, ni le Fonds monétaire international n’étaient directement intervenus dans la conduite de la politique économique de la Côte d’Ivoire. Bien au contraire, la Banque avait toujours financé sans réserve, tous les investissements publics présentés par la Côte d’Ivoire. Elle était même le Premier bailleur de fonds
du pays, malgré le modèle de “l’économie dirigée d’intérêt général ” appliqué en Côte d’Ivoire au cours de cette période. Ce modèle qui s’opposait à la détermination de l’économie par les seules initiatives du privé, avait été conçu en France, en 1934, en pleine crise économique3. Il avait été, ensuite, repris à l’époque du Front populaire, par les
techniciens de l’économie coloniale, puis plus tard, sous le Gouvernement de Vichy, par une équipe de technocrates. C’est donc ce modèle qui s’était imposé dans notre pays, sous l’influence directe de Raphaël Saller, Georges Monnet et Jean Millier ministres techniciens dans les premiers gouvernements de la Côte d’Ivoire autonome, puis indépendante.
Mais, à partir de 1981, les Institutions de Bretton Woods ont commencé à remettre en cause l’intervention directe de l’Etat dans les secteurs productifs, lequel a fini par se désengager complètement, à partir de 1990, au profit du secteur privé, comme le recommande le Consensus de Washington. Dès ce moment, les ménages ivoiriens, peu
familiers des valeurs liées à l’économie néolibérale et privés de la tutelle de l’Etat-Providence, sont descendus aux enfers d’où ils ne remonteront probablement jamais.
Ils ne sont pas outillés à cet effet, ni culturellement, ni techniquement et la politique macroéconomique nationale qui ne tient aucun compte réaliste de leur double impréparation ne saurait les aider à en sortir. C’est pourquoi il est urgent d’inaugurer
un troisième paradigme de développement économique et social qui, en Côte d’Ivoire, parte toujours de la réalité concrète des ménages pour élaborer des politiques parfaitement adaptées. Car après tout, ce sont eux l’objet et non le sujet du développement économique et social.

MarceL ZADI KESSY
PRESIDENT DU CES


(1) Banque Mondiale ; World Development Indicators ; 2010
(2) Jean-Etienne-Marie PORTALIS, n’aurait fait que reprendre le vieil adage qu’on lui attribue : Nemocenseturlegemignorare (nul n’est censé ignorer la loi) ...
(3) La Conférence économique de la France métropolitaine et d’Outre-Mer avait introduit le thème du rôle de l’Etat non plus seulement comme financier, mais comme concepteur, et avait ajouté au principe dorénavant admis de l’outillage d’infrastructure celui, plus nouveau, de l’impulsion industrielle. Voir Catherine Coquery-Vidrovitch “ Les
changements économiques en Afrique dans le contexte mondial (1935-1980)” in Unesco; histoire générale de l’Afrique; Abidjan; Nei 1998; pp 323-356

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COTE D'IVOIRE transport aérien : Lancement des activités commerciales / ASKY assure sa desserte à partir d’Abidjan

http://news.abidjan.net/photos/photos/Avionbloque-Malglaive_abacapresscom.jpgPublié le samedi 17 decembre 2011 | L'intelligent d'Abidjan
Dans le cadre de l’extension de ses activités commerciales, la compagnie aérienne africaine ASKY (African sky) dont le siège est basé à Lomé, au Togo, a procédé le jeudi 15 décembre 2011, à l’ouverture d’une nouvelle agence à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. A la cérémonie inaugurale de cette nouvelle agence, M. Gervais Koffi Djondo, PCA de ASKY, a décliné la vision de ladite compagnie : «L’idée est de créer une compagnie sécurisée qui va regrouper les régions africaines et pour le bien-être».

L’objectif étant de créer les conditions de la survie des compagnies aériennes africaines, de sorte qu’elles ne disparaissent pas, avec des dettes, comme fut le cas d’autres. «Les flottes africaines sont vieilles et trop petites pour survivre, le coût d’exploitation est très élevé avec une mage bénéficiaire quasi inexistante. 50% des voies aériennes africaines ont moins de 68 passagers par jour. Elles disparaissent prématurément avec des dettes», a expliqué Laurent Loukou, directeur commercial. S’inspirant de l’expérience des échecs précédents, il estime que la seule option de survie des compagnies aériennes africaines, c’est de renforcer les compagnies entre elles. «La tendance actuelle s’est tournée vers le regroupement dans le secteur aérien.

Les compagnies européennes qui sont des mastodontes estiment qu’elles sont en deçà de leur objectif», a-t-il ajouté. Pour éviter la disparition des compagnies aériennes africaines, Laurent Loukou recommande la coopération et l’intégration des flottes africaines. Et la force de la compagnie ASKY (African sky), c’est le fait de disposer de partenaires financiers. Avec un capital de 120 millions de dollars US (environ 60 milliards FCFA), la compagnie a pour promoteur, la BIDC (Banque d’investissement de la communauté économique des Etats), la BOAD (Banque ouest africaine de développement), Ecobank et des investisseurs privés. Elle opère avec quatre (4) aéronefs de nouvelle génération, des Boeing 737-700 nouvelle génération. M. Awel Busera, Dg de Asky Airlines Abidjan qui a pris part à la cérémonie inaugurale, s’est réjoui de ce que sa structure se soit implantée en Côte d’Ivoire.

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30 août 2011

Programme économique et financier et initiative Ppte : Le Fmi à Abidjan pour des discussions

DRAPEAU CI.jpgfmi.jpgPublié le lundi 29 aout 2011 | Le Patriote
Les mécanismes pour l'annulation de la dette ivoirienne sont en marche. A cet effet, une mission du Département Afrique du Fonds monétaire international séjournera à Abidjan du 31 août au 14 septembre prochain. Cette mission conduite par Doris Ross, Sous-directrice du Département, aura plusieurs objectifs. A savoir : réviser la mise en œuvre des politiques économiques appuyées sous la Facilité de crédit rapide (FCR) du FMI qui a permis le décaissement de 65 milliards de FCFA en juillet 2011 ; discuter d'un nouveau programme économique et financier triennale qui pourrait mériter l'appui de la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce programme Fec pourrait être soutenu par un appui financier substantiel. Il constituera un préalable au rééchelonnement du service de la dette due aux créanciers officiels du Club de Paris. Par ailleurs, une bonne mise en œuvre du programme Fec pendant au moins six mois est également une étape clé pour l'annulation de la dette extérieure sous l'Initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Il est prévu que le programme de la Facilité élargie de crédit, passe en Conseil d'Administration du Fmi dans la période d'octobre/novembre 2011. Toutes ces discussions seront menées sur les perspectives économiques et la stratégie de développement prévu en l'article IV des statuts du Fonds. La Côte d'Ivoire attend beaucoup de cette visite qui pourrait lui ouvrir davantage une manne financière considérable pour sa reconstruction post-crise. En point de mire donc, l'obtention de l'initiative Ppte qui cristallise l'espoir.

24 août 2011

ESPRIT ECONOMIQUE : L’entrepreneur, d’une approche par la personnalité à une approche privilégiant les Compétences clés

DRAPEAU CI.jpgENTRE 1.jpgEsprit économique est une analyse d’informations économiques (résultats de nos lectures et de nos recherches documentaires).
Le thème d’aujourd’hui est : L’entrepreneur, d’une approche par la personnalité à une approche privilégiant les Compétences clés
Il faut noter que depuis longtemps, l’entreprise est un objet d’enseignement dans tous les programmes d’économie-gestion, à tous les niveaux. Que ce soit par une approche juridique, économique ou en management ; de nombreux décodages sont possibles et la littérature est fournie dans le domaine.
Il s’agit ici de se focaliser sur l’entrepreneur et de chercher à le caractériser. La recherche en management présente plusieurs pistes à ce sujet, les plus récentes définissant les contours d’un véritable métier.
Mais les chercheurs ont d’abord posé l’hypothèse de traits de personnalité particuliers, l’approche qui s’est avérée incomplète et peu pertinente même si elle existe encore, qui a cédé la place à une réflexion sur le métier, pour conduire à l’émergence d’un référentiel de compétences.

1. L’analyse des statistiques et études sur la création d’entreprise

Dans une étude de Janvier 2010, l’INSEE (Institut national de la Statistique et des Etudes Economiques) (une structure française) a cherché à analyser le développement d’entreprises créées en 2002 et à isoler les facteurs de réussite ou d’échec.
Sur 215 000 entreprises créées en 2002, la moitié existe toujours cinq ans après.

On peut donc constater d'une part que la mortalité des entreprises jeunes est réelle mais également que la pérennité de certaines entreprises est possible.
Si, d'après les experts, les conditions de mise en oeuvre du projet sont fondamentales, le profil du créateur est quand même un facteur qui entre en compte dans la réussite et la pérennité de l'entreprise.

Ainsi, on peut se demander en quoi ce profil favorise ou au contraire gêne le développement de l'entreprise.
L'INSEE a identifié comme facteur déterminant l'expérience professionnelle et le diplôme d’origine de l'entrepreneur.
La motivation, et plus particulièrement l’obligation de créer un emploi, sont également mises en avant, car elle permet de donner plus de chance de passer la première année que les autres raisons de création.
On peut également relever l’âge comme facteur limitant le développement de l'entreprise car les entreprises créées par les personnes de moins de 30 ans franchissent moins souvent le cap des cinq ans (46 %).
Les créateurs seraient donc plutôt des hommes, de plus de 30 ans, relativement diplômés et assez expérimentés.

Mais si ce profil pourrait convenir à certains observateurs il ne résiste pas à une analyse plus fine des raisons ayant poussé à créer une entreprise.
L'INSEE, dans son enquête de 2006, relève l'esprit d'indépendance, mais également l'opportunité de création et le désir d'affronter de nouveaux défis.

Réduire le caractère de l'entrepreneur à ces simples caractéristiques serait réducteur mais c’est souvent ce qui est retenu lorsqu’on tente une première approche de l’entrepreneuriat.

Dans une contribution imposante, Verstraete et Saporta ont tracé le profil des entrepreneurs et cherché à expliquer la création d’entreprise (« création d’entreprise et entrepreneuriat » aux éditions de l’ADREG en 2006) ; On retrouve les mêmes résultats que dans l’enquête de l’INSEE, mais avec une plus grande finesse d’analyse.

Ils reprennent la notion de capital social pour expliquer la provenance plus fréquente d’entrepreneurs dans des milieux où l’on constate la présence d’entrepreneurs.
Ils insistent également sur la sous représentation des femmes, en la relativisant, car elle ne montre pas de différence de profil mais plutôt des secteurs de prédilection plus restreints que les hommes (beaucoup de créations de femmes dans les services à la personne).

Enfin, ils montrent bien l’impact des dispositifs légaux sur la création, que ce soit des incitations ou des simplifications légales (SARL à un euro par exemple).

Quant à leur approche du profil des créateurs, ils présentent une revue de littérature des critères de segmentation extrêmement intéressante. On y retrouve principalement les motivations, mais aussi les traits cognitifs, ainsi que l’expérience antérieure.

En allant plus loin, la recherche en management propose de véritables théories qui ont d’abord essayé de montrer qu’il existerait un véritable profil d’entrepreneur, modélisable à travers un ensemble de traits de caractères.

2. La mise en avant d’un corpus de traits de caractères…

L’émergence du concept d’entrepreneur, peut être attribuée à JB Say au 19ème siècle, qui a montré que l’entrepreneur était animé d’une idéologie individualiste et d’une volonté d’indépendance.
Plus tard, Schumpeter écrira, en 1935, que l’entrepreneur introduit une « méthode de production nouvelle », en innovant plus qu’en recherchant le gain.
Il incarne le parti de l’innovation, est énergique et aventurier, car il sort des sentiers battus et doit vaincre toutes sortes de résistances.

Un premier mouvement d’identification des entrepreneurs a consisté à élaborer des typologies pour les classer et en décrire les principaux traits.

Louis-Jacques Filion a cherché à les recenser, pour en trouver une dizaine ! Ainsi, Laufer présente 4 types d’entrepreneurs (1975):
 l’innovateur,
 celui orienté croissance,
 celui orienté efficacité
 et l’artisan

Toujours dans les années 70, Miles et Snow identifie 4 types (1978) :
 le prospecteur,
 l’innovateur,
 le suiveur
 et le réacteur.

La plus connue est française, tirée de l’analyse de Marchesnay (1987 et 1996) qui distingue les PIC (pérennité, indépendance, croissance) et les CAP (croissance forte, autonomie, peu de pérennité).

En utilisant le modèle des socio-styles, Duchéneaut présente 4 sortes d’entrepreneurs (1999):
 les rebelles,
 les matures,
 les initiés
 et les débutants

Mais la diversité de ces typologies montrent une perception différente de l’acte entrepreneurial et ne permet pas d’établir la présence de certains traits chez les entrepreneurs que les non entrepreneurs n’auraient pas.

De nombreux chercheurs, la plupart anglo-saxons, se sont alors demandés si on pouvait mettre en avant certains traits de caractères pour expliquer l’entrepreneuriat.

Dans une analyse clinique célèbre, Kets De Vries (1996) insiste sur les traits psychologiques des créateurs, qui seraient littéralement « habités » par leur passé, qui expliquerait la création.
En mettant en avant :
 le goût du sacrifice,
 la recherche de la domination
 et le refus de l’autorité
L’auteur montre que les entrepreneurs seraient « inadaptés » à des environnements codifiés (« struggling with the demons » 2001).

A l’opposé d’une approche déterministe, certains auteurs mettent en avant l’influence d’évènements contraints qui auraient généré la création (notion « d’accident »).
Fayolle (2001) montre que la création permettrait de limiter les risques, comme c’est le cas pour une partie des auto-entrepreneurs à l’heure actuelle.

Même si ce mouvement est contesté, l’approche par les traits est encore d’actualité, principalement au Canada, à travers 2 chercheurs. Jean-Charles Cachon cherche à expliquer l’acte de création à travers un article au titre évocateur : « entrepreneur, pourquoi ? Comment ? Quoi ? ».
A la première question, il présente une réponse intégrant différents vecteurs de motivation ; avec des explications d’ordre social et psychologique. Il rappelle les travaux de Mac Clelland sur le besoin d’accomplissement du créateur (1961), mais aussi le sentiment de contrôle (Rotter, 1964), l’indépendance (Collins et Moore, 1964) et le besoin de prendre des risques (Atkinson, 1957).

Une autre piste évoquée est celle des origines, en particulier de la dynamique familiale et de la présence d’entrepreneurs dans la famille du créateur (Levinson, 1971).

Enfin, l’étude des croyances quant à leur rôle social est également avancée, avec un système de valeurs particulier et une vision dichotomique du monde. Les entrepreneurs seraient des marginaux qui assumeraient leur statut (Bechhofer, 1974).

Dans leur ouvrage : « la réussite des entreprises » (1990), Maul et Mayfied insistent sur l’appétit de la prise de risque qui caractérise les créateurs, mais également sur la recherche de la liberté, l’optimisme et la nécessité de travailler dur.

Jean-Pierre Bozek, dans un ouvrage récent (« coachez les entrepreneurs » chez Eyrolles en 2008) avance la piste des circonstances qui façonnent l’entrepreneur mais aussi des permissions qu’il se donne et de son expérience antérieure.

L’entrepreneuriat ne serait pas un processus linéaire mais bien oscillant, avec des hauts et des bas, assumés par le créateur.

L’approche la plus solide reste sans conteste celle de Gassé, au Canada, à l’université Laval. Il a testé 2000 entrepreneurs pour évaluer et classer les principales caractéristiques des entrepreneurs.

Il trouve 10 caractéristiques principales qu’il classe en 3 dimensions :
 la motivation,
 les aptitudes
 et les attitudes.

Il construit ainsi un modèle expliquant l’entrepreneuriat à travers 5 pôles :
 les antécédents (le passé de la personne et son histoire),
 les motivations (le besoin de réalisation, les défis et l’indépendance),
 les aptitudes (compétences latentes qui se développeraient à la création),
 les attitudes (prises de position conscientes ou non, influencées par les perceptions)
 et les comportements réels (savoir être).

Le test MACE (motivation/aptitude/comportement entrepreneurial) permettrait de détecter les entrepreneurs potentiels. Il est une sorte de miroir des forces et faiblesses et posséderait un caractère prédictif élevé quant à la pérennité de l’entreprise.

Un autre test reprend le même type de protocole (test ICE, « inventaire des caractéristiques entrepreneuriales »). Pour résumer la position de Gassé, on pourrait présenter l’entrepreneur comme motivé par la réalisation et la réussite, mais aussi l’autonomie et la liberté ainsi que la réputation et la reconnaissance.
Ses aptitudes principales seraient la confiance en soi, l’enthousiasme, la persévérance mais aussi le flair et la créativité.
Enfin, ses attitudes privilégiées seraient une orientation vers l’action, la croyance de pouvoir influencer les évènements et la nécessité de prendre des risques.
Même si ce profil peut servir de base à des tests, on peut se demander s’il est suffisant pour expliquer la création dans son ensemble.

3. l’échec d’une généralisation du modèle

L’approche basée sur la personnalité peut être résumée par l’équation suivante : succès entrepreneurial = (f) personnalité.

Ce sont surtout les années 60 qui regorgent de recherches sur ce thème, on en a recensé presque une centaine en tout, qui se prolongent avec les travaux du professeur Gassé au Canada, dans les années 2000.
Mais ces résultats sont mitigés car ils mettent en corrélation les traits de personnalité, la motivation et les performances de l’entrepreneur.
Ils ne permettent pas de mettre en avant la réussite des entrepreneurs dotés de ces traits par rapport aux autres.
Lorrain et Dussault démontrent (1988) que les traits de personnalité ne discriminent pas les entrepreneurs à succès de ceux à échec, dans une étude réalisée sur des entreprises 3 ans après leur création. Il existerait bien des prédispositions à la création mais celles-ci deviendraient moins utiles par la suite, pour assurer la pérennité de l’entreprise (Belley, 1994).
Gartner propose d’abandonner les recherches sur ce thème et de se tourner vers d’autres pistes (1988).

Un nouveau courant émerge alors dans les années 90, que l’on peut appeler approche basée sur les comportements.

Chandler et Jansen (1992), Heron et Robinson (1993) se tournent vers les compétences comme vecteur de la performance.
D’après eux, la compétence serait plus pertinente pour expliquer la pérennité, l’approche par les déterminants psychologiques montrant trop de limites. On peut également préciser qu’il est difficile d’intégrer les compétences comportementales, ou savoir être (Sandra Bellier, 2000) comme vecteurs pertinents de la performance, ou alors il faut les redéfinir.

En effet, trop d’analyses se sont focalisées sur des comportements du type : « charisme, assurance, présence, honnêteté, loyauté », qui, s’ils sont importants, ne peuvent apporter de valeur prédictive quant à la performance.
C’est sur ce courant que se sont appuyés de nombreux journalistes ou entrepreneurs américains pour stigmatiser « l’esprit d’entreprise », présent dans les « success stories », mais qui ne peut constituer un élément à l’appui d’une recherche sérieuse sur la réussite de l’entrepreneur.

KONANDE

19:04 Écrit par innovationcotedivoire dans Esprit économique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entrepreneuriat, entreprise, lutte contre la pauvreté, commerce, monde, afrique côte d'ivoire, abidjan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |