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18 octobre 2012

Félix Houphouët-Boigny : Hommage à un bâtisseur

innovation 2.jpgboigny 2.jpgEn ce jour du 18 Octobre 2012, date anniversaire de la naissance de Félix Houphouët-Boigny, il nous semble opportun de rendre hommage au premier président de la Côte d’Ivoire, ce grand bâtisseur ; ce « constructeur de nation ».

En effet, Félix Houphouët-Boigny est né le 18 octobre 1905 à N'Gokro (Yamoussoukro) selon la biographie officielle - mort le7 décembre 1993,

Surnommé « le sage » ou même « Nanan Boigny » ou « Nanan Houphouet » ou encore « le Vieux », est le « père » de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Partisan de la paix, il parvient à développer économiquement la Côte d’Ivoire, notamment dans le secteur agricole, faisant de son pays un îlot de prospérité dans un continent miné par la pauvreté ; on parle alors de « miracle ivoirien ».

S’appuyant sur les réseaux d'influence français en Afrique de Jacques Foccart, proche du général de Gaulle, qu'il connaissait personnellement, il mène une politique qui se traduit par un soutien inconditionnel et mutuel des deux pays, permettant à la France de garder, entre les influences des États-Unis et de l'Union soviétique, le contrôle de son « pré carré » pendant la Guerre froide.

En échange, Félix Houphouët-Boigny, se taille une place toute particulière sur la scène africaine, notamment en Afrique francophone et dans le Golfe de Guinée où son influence fut grande.

boigny jeune.jpgOrigines et éducation

Originaire de la tribu animiste des Akouès, il est le fils de Houphouët qui lui donne à l’origine comme prénom Dia, qui signifie, dans la langue Baoulé, prophète ou magicien. Le nom de son père provient du baoulé ufué. Ce nom est donné aux enfants nés aux abords d'un village ou dans une famille où plusieurs enfants sont morts successivement avant sa naissance.
De son nom d'origine Dia Houphouët, il y ajouta le nom Boigny signifiant le bélier en baoulé.

Dia Houphouët-Boigny est le petit-neveu de la reine Yamousso et du chef du village, Kouassi N'Go. Lorsque ce dernier est assassiné en 1910, le jeune Dia est appelé à lui succéder à la tête de la chefferie. Mais, en raison de son jeune âge, son beau-père Gbro Diby (son père étant déjà mort) devient régent.

Compte tenu de son rang, l’administration coloniale décide de l’envoyer à l’école du poste militaire de Bonzi situé près du village puis, en 1915, à l’école primaire supérieure de Bingerville, ce malgré les réticences de sa famille.
Cette même année à Bingerville, il se convertit au christianisme, considérant cette religion comme le signe de la modernité et un obstacle à l'islamisation ; il se fait baptiser Félix.

Brillant élève, il intègre, en 1919, l’École normale William Ponty où il obtient son diplôme d’instituteur et enchaîne, en 1921, avec l’École de médecine de l'AOF dont il sort major en 1925.

Un homme engagé

Le 26 octobre 1925, Houphouët débute sa carrière en tant que médecin-auxiliaire à l’hôpital d’Abidjan où il fonde une « Amicale » regroupant le personnel médical indigène.
L’entreprise tourne court ; l’administration coloniale voit d’un très mauvais œil cette association qu’elle assimile à une formation syndicale et décide de le muter, le 27 avril 1927, au service de Guiglo où les conditions sanitaires sont particulièrement éprouvantes.

Toutefois, faisant preuve de véritables aptitudes professionnelles, il est promu à Abengourou, le 17 septembre 1929, à un poste réservé, jusque là, aux européens.

À Abengourou, Houphouët est confronté aux injustices dont sont victimes les cultivateurs de cacao indigènes exploités par les colons. Décidé à agir, il prend la tête, en 1932, d’un mouvement de planteurs africains hostile aux grands propriétaires blancs et à la politique économique du colonisateur qui les favorisent.
Le 22 décembre, il rédige, sous un pseudonyme, un article engagé « On nous a trop volés » qui paraît dans un éditorial socialiste publié en Côte d’Ivoire, le « Trait d’union ».

L’année suivante, Houphouët est appelé par sa tribu à prendre ses fonctions de chef de village mais, préférant poursuivre sa carrière, il se désiste en faveur de son frère cadet Augustin. Cependant, afin de se rapprocher de son village, il obtient sa mutation à Dimbokro le 3 février 1934 puis à Toumodi le 28 juin 1936.
Si jusque là, Houphouët a fait preuve de réelles qualités professionnelles, son attitude déplaît ; en septembre 1938, son chef de service lui demande de choisir entre son poste de médecin et son engagement dans la politique locale. Le choix sera vite fait puisqu'en 1939, son frère décède et il lui succède à la tête de la chefferie.

Un chef de canton et un leader syndical

En devenant chef, Houphouët devient l'administrateur du canton d’Akouè, représentant trente-six villages.
Il reprend également en charge la plantation familiale qui est alors l'une des plus importantes du pays, et parvient à la développer en diversifiant les cultures de caoutchouc, de cacao et de café; il devient ainsi un des plus riches planteurs africains.

Le 3 septembre 19447, il fonde, en accord avec l’administration coloniale, le Syndicat agricole africain (SAA) dont il devient le président. Regroupant les planteurs africains mécontents de leur sort, le SAA, anticolonialiste et antiraciste, revendique de meilleures conditions de travail, une hausse des salaires et l’abolition du travail forcé. Ce syndicat rencontre rapidement le succès et reçoit l’appui de près de 20 000 planteurs, ce qui déplait fortement aux colons qui vont jusqu'à porter plainte contre Houphouët. L’écho de ce syndicat est tel qu’il se rend, début 1945, à Dakar pour expliquer la démarche du SAA au gouverneur général de l’AOF, Pierre Cournarie.

En octobre 1945, Houphouët est projeté sur la scène politique ; le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’assemblée constituante, organise l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones. Houphouët se présente et, grâce aux nombreux soutiens qu'il a acquis par son action syndicale, est élu au premier tour avec plus de 1 000 voix d’avance. Malgré cette victoire, l’administration coloniale décide d’organiser un second tour, le 4 novembre 1945, qu'il remporte avec 12 980 voix sur 31 081 suffrages exprimés. Pour son entrée en politique, il décide d’ajouter Boigny, signifiant « bélier » (symbole de son rôle de meneur)7 à son patronyme, devenant ainsi Félix Houphouët-Boigny.

boigny france.jpgUn acteur majeur de la scène politique française

 Un député plaidant la cause des Africains

Au Palais Bourbon, Houphouët-Boigny est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer. Il s'attelle à mettre en application les revendications du SAA. Un projet de loi tendant à la suppression du travail forcé est ainsi proposé le 1er mars 1946 à l’Assemblée et adopté en 1947 sous le nom de loi Houphouët-Boigny.
Le 3 avril 1946, il propose d’unifier la réglementation du travail dans les territoires d'Afrique ; ce sera chose faite en 19525. Enfin, le 27 septembre 1946, il dépose un rapport sur le système de santé des territoires d'outre-mer qu'il invite à réformer.

Houphouët-Boigny milite également en faveur de l’Union française. Ce projet qui prévoie d'ériger les colonies en des départements et territoires français, est loin de faire l’unanimité chez les parlementaires métropolitains qui craignent de voir la France devenir la colonie de ses colonies. Tentant de les rassurer, Houphouët-Boigny leur répond qu’il n’existe, « à l’heure actuelle », aucun risque pour que les Africains submergent les parlementaires européens, mais qu’en revanche, une telle union permettrait de stopper la double politique menée par la France : l’une « métropolitaine et démocratique », l’autre « coloniale et réactionnaire ».

Après l’adoption de la constitution de la IVe République, il est réélu sans difficulté avec 21 099 voix sur 37 888 des suffrages exprimés. Toujours membre de la Commission des territoires d'outre-mer (dont il devient secrétaire en 1947 et 1948), il est nommé, en 1946, à la Commission du règlement et du suffrage universel. Le 18 février 1947, il propose de réformer en profondeur le système des conseils généraux des territoires de l'AOF, de l'AEF et du Conseil fédéral afin qu'ils soient plus représentatifs des populations autochtones. Il réclame également, à de nombreuses reprises, la création d'assemblées locales en Afrique afin que les indigènes puissent faire l'apprentissage de leur autonomie et de la gestion.

Le fondateur du RDA et la période communiste

Le 9 avril 194615, Houphouët-Boigny transforme, avec l’aide des Groupes d’études communistes d’Abidjan, le SAA en Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). Ce dernier devient lui-même, après le Congrès de Bamako du 18 octobre 1946, une section territoriale du tout nouveau parti inter-africain : le Rassemblement démocratique africain (RDA) dont il est le président.
Pas assez nombreux pour former un groupe parlementaire, les élus africains sont contraints à s’apparenter à un des grands partis existants pour pouvoir siéger au Palais Bourbon. Le RDA s’affilie alors avec les communistes, seule formation politique ouvertement anti-colonialiste. Houphouët-Boigny justifie lui-même cette alliance par le fait qu'elle semblait, à l’époque, être la seule solution pour se faire entendre :
« Dès avant la création du RDA, cette alliance avait servi notre cause : en mars 1946, l’abolition du travail obligatoire fut adoptée à l’unanimité, sans vote, grâce à notre alliance tactique »

Au fur et à mesure que la guerre froide s'affirme, l'alliance communiste devient de plus en plus préjudiciable pour le RDA, d'autant plus qu'en 1947, le PCF passe dans l'opposition. L’administration française manifeste une hostilité grandissante au RDA et à son président qu'elle apparente à un « Stalinien ». Les tensions atteignent leur apogée au début de 195010, quand, à la suite d’un incident, la quasi-totalité de la direction du PDCI est arrêtée. De dangereuses émeutes éclatent en Côte-d’Ivoire. Pour désamorcer la crise, le président du Conseil, René Pleven, confie à son ministre de la France d’outre-mer,François Mitterrand, la mission de détacher le RDA du PCF.
Conscient d'être dans une impasse, Houphouët-Boigny accepte de rompre avec les communistes en octobre 19505 et oriente le RDA vers une gauche modérée. Lors des élections législatives de 1951, il présente une liste commune avec le parti de Mitterrand, l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) dont l’affiliation devient officielle en 1952.

La réhabilitation et l’entrée au gouvernement

Conservant l’image d’un communiste, bien que s’en défendant, il est le seul député RDA réélu en Côte d’Ivoire en 1951.
C’est pourquoi, il prononce le 24 août 1951 un discours à l’Assemblée nationale où il conteste le résultat des élections qu'il déclare entaché de fraudes.
Il dénonce aussi l’instrumentalisation des députés d’outre-mer comme « machines à voter ».

Houphouët-Boigny et le RDA vivent alors une véritable période de purgatoire avant de renouer avec le succès en 1956; lors des élections de cette année, le grand parti de masse africain reçoit 502 711 voix sur 579 550 suffrages exprimés.

Son leader, désormais, fait figure de modéré.
Nommé membre de la Commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions, Houphouët-Boigny entre également au gouvernement le 1er février 1956 en qualité de ministre délégué à la présidence du Conseil dans le gouvernement Guy Mollet ; poste qu’il occupe jusqu’au 13 juin 1957.
Sa principale réalisation, dans ces fonctions, est la création d’une organisation commune de régions sahariennes qui permettrait d'assurer l'indépendance énergétique de l'Union française, et de contrer les revendications territoriales marocaines dans le Sahara.

Par la suite, Houphouët-Boigny devient ministre de la Santé publique et de la Population dans le gouvernement Félix Gaillard du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958. Il essaie de réformer le code de la santé publique.

Il est à de nombreuses reprises, ministre d'État sous :

 le gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury du 13 juin au 6 novembre 1957
 le gouvernement Pierre Pflimlin du 14 au 17 mai 1958
 le gouvernement Charles de Gaulle (3) du 1er juin 1958 au 8 janvier 1959
 le gouvernement Michel Debré du 8 janvier au 20 mai 1959

En cette qualité, il participe à l’élaboration de la politique africaine de la France, notamment dans le domaine culturel.
Sous son impulsion seront créés le Bureau des étudiants de la France d’outre-mer, et l’Université de Dakar.

Le 4 octobre 1958, Houphouët-Boigny est un des signataires, aux côtés de De Gaulle, de la constitution de la Ve République.

Le dernier poste qu’il occupe est celui de ministre conseiller du gouvernement Michel Debré du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961

Un partisan de l’autonomie

Suite à l’adoption, le 23 juin 1956, de la loi-cadre Defferre donnant l'autonomie aux colonies africaines, une élection territoriale est organisée en Côte-d’Ivoire le 3 mars 1957, au cours de laquelle le PDCI remporte une victoire écrasante.
Houphouët-Boigny, qui occupait déjà les fonctions de ministre en France, de président de l'Assemblée territoriale depuis 1953 (ayant succédé à Victor Capri Djédjé) et de maire d’Abidjan depuis novembre 1956, décide de placer à la vice-présidence de la Côte d’Ivoire Auguste Denise, même s’il reste, pour Paris, le seul interlocuteur de la colonie.

Le 7 avril 1957, le chef du gouvernement du Ghana, Kwame Nkrumah, en déplacement en Côte d’Ivoire, appelle toutes les colonies d’Afrique à prendre leur indépendance;

Houphouët-Boigny lui rétorque alors :

« Votre expérience est fort séduisante… Mais en raison des rapports humains qu'entretiennent entre eux Français et Africains et compte tenu de l’impératif du siècle, l’interdépendance des peuples, nous avons estimé qu'il était peut-être plus intéressant de tenter une expérience différente de la vôtre et unique en son genre, celle d’une communauté franco-africaine à base d’égalité et de fraternité. »

Contrairement à de nombreux dirigeants africains qui réclament une indépendance immédiate,
Houphouët-Boigny souhaite une transition en douceur au sein de l’« ensemble français » car, selon lui, l'indépendance politique sans l'indépendance économique ne vaut rien.

Aussi, donne-t-il rendez-vous à Nkrumah dans dix ans afin de voir lequel des deux eut choisi la meilleure voie.

Tout naturellement, il fait campagne pour le « oui » lors du référendum pour la Communauté franco-africaine, proposé par de Gaulle le 28 septembre 1958.

Seul son protégé guinéen, Ahmed Sékou Touré ose dire « non » préférant, à l’inverse d’Houphouët-Boigny, « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l'esclavage ».

Malgré ce succès, la communauté franco-africaine s'écroule peu de temps après, poussée par la fédération du Mali qui souhaite l’indépendance.

Le 7 août 1960, Houphouët proclame à contrecœur, l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

La prospérité des années 1960 et 1970

Houphouët-Boigny opte pour le libéralisme économique afin de bénéficier de la confiance de nombreux investisseurs étrangers, notamment français. Les avantages accordés par son code des investissements de 1959, permettent aux entreprises étrangères de rapatrier jusqu’à 90 % de leurs bénéfices dans leur pays d’origine (les 10 % restants étant obligatoirement réinvestis en Côte-d’Ivoire)

abidjan 1.jpgIl développe également une politique de modernisation des infrastructures avec, notamment, l’édification du quartier d'affaires du Plateau à Abidjan (sur le modèle nord-américain) où des hôtels de luxe accueillent touristes et hommes d'affaires.
Ainsi, la Côte d’Ivoire connaît une croissance de 11 à 12 % durant la période de 1960 à 1965.
Le PIB, multiplié par douze (en volume constant) entre 1960 et 1978, passe de 145 à 1 750 milliards de francs CFA, tandis que la balance commerciale ne cesse d’enregistrer des excédents.


L’origine de cette réussite économique est née du choix, du président, de privilégier le secteur primaire au secondaire.
De cette manière, l’agriculture intensive connaît un développement fulgurant : entre 1960 et 1970, les cultures de cacao triplent leur production atteignant 312 000 tonnes, celles de café augmentent de moitié, passant de 185 500 à 275 000 tonnes tandis que les exportations de bois passent entre 1950 et 1965 de 90 000 à 1 250 000 tonnes.
Si ces derniers représentent 80 % des exportations de la Côte d’Ivoire, celles de bananes s’élèvent tout de même en 1965 à 150 000 tonnes et celles d’ananas à 40 000 tonnes.

Par ailleurs, les cultivateurs du nord sont vivement encouragés à développer l’élevage et la culture du coton dans leur région. Toutefois, l’État ivoirien, par l’intermédiaire de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles (Caistab) qui garantit chaque année, un prix d’achat minimum aux productions des planteurs (inférieur à ceux du marché mais jugé satisfaisant), se garde le monopole sur les exportations de café, de cacao et de coton. Des ressources considérables sont ainsi dégagées pour financer les projets nationaux.

Bien que n’étant pas le pilier de l’économie ivoirienne, le secteur secondaire connaît, lui aussi, un essor spectaculaire grâce à l’industrie légère, notamment dans l’agroalimentaire avec l’installation de minoteries, d’huileries et de conserveries, et dans la transformation avec la mise en place de filatures et descieries. Ainsi, entre 1960 et 1973, la production industrielle enregistre un taux de croissance annuelle moyen de 20 %, faisant passer sa part dans le PIB de 15 à 25 %.
Le chiffre d’affaires de la grande et petite industrie passe alors, pour cette période, de 13,5 à 164 milliards de francs CFA, tandis que pour la période de 1973 à 1983, il est multiplié par 8,5, atteignant 1 170 milliards de francs CFA.

Cet essor économique modifie profondément le mode de vie des Ivoiriens, entraînant une accentuation de l’exode rural et la hausse du revenu annuel moyen par ménage qui atteint 500 000 francs CFA en 1980.
Une forte demande de céréales « modernes » émerge alors en Côte-d’Ivoire, notamment en ce qui concerne le maïs et le riz ; cette nouvelle demande étant, comme partout en Afrique, assimilé à une promotion sociale.
Des efforts sont aussi enregistrés dans le domaine de l’éducation : en 1975, le taux de scolarisation pour l’instruction primaire était de 17,3 %, de 5,1 % pour l’instruction secondaire et de 0,5 % pour l’instruction supérieure; en 1985, le taux d’alphabétisation était de 57,3 % pour les personnes âgées de plus de 15 ans.

Ces progrès, liés pour l’essentiel au domaine économique, font de la Côte d'Ivoire, une réussite rare en matière de décolonisation, un îlot de prospérité dans la région du golfe de Guinée.

La Côte-d’Ivoire devient même un pays d’immigration pour la région : la forte main-d'œuvre étrangère (principalement burkinabès), nécessaire à la mise en œuvre et à l’entretien des plantations autochtones, représente dans les années 1980, plus du quart de la population ivoirienne.

Le « miracle ivoirien », comme on l’appelle, vaut à Houphouët-Boigny de gagner une image de « Sage de l'Afrique », tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Il est, alors, surnommé respectueusement « le Vieux ».

L’unité africaine selon Houphouët-Boigny

A l’instar de Charles de Gaulle qui refusa toujours une Europe intégrée, Houphouët-Boigny s’oppose à l’idée d’États-Unis d'Afrique proposé par Kwame Nkrumah qui remet en cause les souverainetés nationales récemment acquises.
Toutefois, le dirigeant n'est pas contre l'unité africaine qu'il conçoit sous la forme d'une coopération au cas par cas.

Le 29 mai 1959, il crée en coopération avec Hamani Diori (Niger), Maurice Yaméogo (Haute-Volta) et Hubert Maga (Dahomey - actuel Bénin), le conseil de l’Entente.
Cette organisation régionale, fondée dans le but d’entraver la fédération malienne, est très souple et assure trois fonctions majeures :

 Elle permet la gestion commune de certains services publics tels que le port d’Abidjan institué en établissement public ou la ligne de chemin de fer Abidjan-Niger.

 Elle garantit un fonds de solidarité entre les pays membres, alimenté à plus de 90 % par la Côte d’Ivoire.

 Elle assure le financement de divers projets de développement au moyen de prêts consentis aux États membres à des faibles taux d’intérêts, prêts alimentés à 70 % par la Côte d’Ivoire.

Houphouët-Boigny prévoit même, en 1966, d’accorder la double nationalité aux ressortissants des pays du conseil de l’Entente, mais le projet est abandonné suite à la pression de la rue. Le président ivoirien s'engage donc à soutenir financièrement ses alliés, en échange de leurs allégeances respectives à la Côte-d’Ivoire.

Ambitieux, Houphouët-Boigny conçoit de plus grands desseins pour l'espace francophone d’Afrique ; il prétend le regrouper au sein d’une grande organisation dont le but serait de se soutenir mutuellement. Le projet se concrétise le 7 septembre 1961, lors de la signature de la charte donnant naissance à l’Union africaine et malgache (UAM), regroupant douze pays francophones dont le Sénégal de Senghor. Des accords sont signés et resserrent la solidarité des Ėtats francophones, notamment dans les domaines économique, militaire, et des postes et télécommunications.
Mais en mai 1963, la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) vient perturber ses plans : les tenants du panafricanisme exigent la dissolution de tous les regroupements régionaux dont l’UAM ; le président ivoirien cède à contrecœur, et transforme, en mars 1964, l’UAM en Organisation africaine et malgache de coopération économique et culturelle.

Considérant l’OUA comme une voie de garage, d’autant plus que Paris y est hostile, il décide de créer l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), une organisation purement francophone et concurrente à l’OUA, qui voit le jour en 1965.
Ce bloc « modéré et modérateur » regroupe, en son sein, seize pays dont le but est de briser les velléités révolutionnaires en Afrique. Mais, au cours des années, estimant cette organisation trop inféodée à la France, huit pays membres quittent l’OCAM.

En 1974, Houphouët-Boigny et Senghor mettent de côté leurs querelles et s’unissent afin de contrecarrer les plans du Nigeria qui vise à s’imposer en Afrique de l'Ouest, au détriment de la Côte-d’Ivoire et du Sénégal, par la création d’une grande organisation inter-linguistique, la CEDEAO.
Les deux homologues créent, dans le but d’entraver le fonctionnement de la CEDEAO, la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEAO) qui supplante les anciennes unions douanières dans la région francophone.
Mais, ayant reçu l’assurance, de la part du Nigeria, que seraient maintenues les organisations francophones antérieures, les fondateurs de la CEAO décident de rejoindre la CEDEAO en mai 1975.

Le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix

Afin de laisser à la postérité l’image d’un homme de paix, il crée en 1989 un prix pour la recherche de la paix parrainé par l’Unesco, entièrement subventionné par des fonds extrabudgétaires apportés par la Fondation Félix-Houphouët-Boigny. Ce prix qui porte « le nom du Président Félix Houphouët-Boigny, doyen des chefs d’État africains, apôtre infatigable de la paix, de la concorde, de la fraternité et du dialogue pour résoudre tout conflit à l’intérieur comme à l’extérieur des États », est attribué chaque année par un Jury international, composé de onze personnalités originaires des cinq continents, qui décerne un chèque de 122 000 euros.

boigny 4.jpgLe prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix a été accordé respectivement :

- à Nelson Mandela, président du Congrès national africain (ANC) de l’Afrique du Sud et Frederik Willem De Klerk, président de la République sud-africaine en 1991,

- à l’Académie de droit international de La Haye au Pays-Bas en 1992,

- à Yitzhak Rabin Premier ministre de l’État d’Israël, Shimon Peres, Ministre des affaires étrangères de l’État d’Israël et Yasser Arafat, Président de l’Autorité nationale palestinienne en 1993,

- à S. M. Juan Carlos I, Roi d’Espagne et Jimmy Carter, ancien président des États-Unis d’Amérique en 1994,

- au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et à Mme Sadako Ogata, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés en 1995,

- à Alvaro Enrique Arzú Irigoyen, président de la République du Guatemala et au Commandant Rolando Morán, représentant de l’Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) en 1996 ,

- à Fidel Valdez Ramos, président de la République des Philippines et Nur Misuari, président du Front de libération nationale moro (MNLF) des Philippines en 1997,

- à Sheikh Hasina Wajed, Premier ministre de la République populaire du Bangladesh et George J. Mitchell, Sénateur américain, ancien conseiller spécial du président des États-Unis d’Amérique pour les affaires irlandaises en 1998,

- à la Communauté de Sant'Egidio d’Italie en 1999,

- à Mme Mary Robinson, Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme en 2000,

- à Kay Rala Xanana Gusmão, président de la République démocratique du Timor-Oriental en 2002,

- au Cardinal Roger Etchegaray, président émérite du Conseil pontifical Justice et Paix et Dr Mustafa Cerić, Grand mufti de Bosnie en 2003 et

- à Maître Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal en 2005.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix n’a pas été attribué en 2001 et 2004.

Fonctions gouvernementales

 En France

 Député à l'Assemblée nationale française
 Ministre délégué à la présidence du Conseil du gouvernement Guy Mollet (du 1er février 1956 au 13 juin 1957)
 Ministre d'État du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
 Ministre de la Santé publique et de la Population du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
 Ministre d'État du gouvernement Pierre Pflimlin (du 14 au 17 mai 1958)
 Ministre d'État du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 1er juin 1958 au 8 janvier 1959)
 Ministre d'État du gouvernement Michel Debré (du 8 janvier au 20 mai 1959)
 Ministre conseiller du gouvernement Michel Debré (du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961)
 Il fut aux côtés de De Gaulle et de Michel Debré lors de la signature de la constitution de 1958.

 En Côte d'Ivoire

 Président de l'Assemblée nationale (24 mars 1953 au 30 novembre 1959)
 Maire d'Abidjan (de 1956-1960)
 Premier ministre (du 1er mai 1959 au 3 novembre 1960)
 Ministre de l'Intérieur (du 8 septembre 1959 au 3 janvier 1961)
 Président de la République, Ministre des Affaires Etrangères (du 3 janvier 1961 au 10 septembre 1963)
 Président de la République, Ministre de la Défense, Ministre de l'Intérieur, Ministre de l'Agriculture (du 10 septembre 1963 au 21 janvier 1966)
 Président de la République, Ministre de l'Économie et des Finances, Ministre de la Défense, Ministre de l'Agriculture (du 21 janvier 1966 au 23 septembre 1968)
 Président de la République, (du 23 septembre 1968 au 5 janvier 1970)
 Président de la République, (du 5 janvier 1970 au 8 juin 1971)
 Président de la République, Ministre de l'Éducation nationale (du 8 juin 1971 au 1er décembre 1971)
 Président de la République (dans les différents autres gouvernements du 1er décembre 1971 au 7 décembre 1993)

boigny 3.jpg

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25 mai 2012

WAHIDA CLARK: La prison comme lieu de départ

innovation 2.jpgWAHIDA.jpgElle a été de 9,5 ans en prison pour blanchiment d'argent et fraude postale. En prison, elle a reçu de précieux conseils d'affaires de multi-millionnaire et compagnon de prison telle que Martha Stewart, qui ont transformé sa vie.
Son changement de page la rue éclairée a atterri sur le New York Times best-seller de la liste pas une seule fois, mais trois fois.

Pas du genre à reculer devant un défi, dès qu'elle a été libéré de prison, cette femme a lancé sa propre entreprise, Wahida Clark Publishing une entreprise qui dispose de 14 auteurs sur sa liste.

Entretien avec cette battante

Aviez-vous pensé à créer une entreprise avant votre séjour en prison? En outre, quels conseils aviez-vous reçu de vos compagnons de prison qui continue, aujourd'hui, à vous aider à propulser votre entreprise vers l'avant?

WC: Avant je d'aller en prison et alors que je vivais à Trenton, New Jersey, j'ai essayé de commencer un livre. Plus tard, j'ai déménagé à la Géorgie.
Pendant ce temps, j'ai aussi fait quelques affaires dans le logement et le développement urbain.
Bien que j'ai été incarcéré, j'ai écrit et publié sept romans. Le succès de mes livres, y compris Essence best-seller, Thugs et les femmes qui les aiment , me fit recevoir beaucoup de manuscrits des autres détenus.
Ainsi, j'ai réalisé que je n'avais pas d'autre choix que de commencer une maison d'édition. J'ai élaboré le plan d'affaires pour mon entreprise d'édition alors que j'étais en prison et j'ai demandé à Martha Stewart de revoir mon plan. Elle m'a donné un signe d'approbation. Dès que je suis rentrée chez moi, j'ai mis mon plan d'affaires en pratique.

Quand avez-vous commencer à créer Wahida Clark Publishing?

WC: Je suis sorti de prison en Décembre 2007. J'ai commencé ma maison d'édition en 2008, dès que je suis sorti de prison.
Afin d'être dans une maison de transition ou d'accouchement à domicile, vous devez avoir un emploi. Plutôt que de travailler pour quelqu'un d'autre, j'ai commencé ma propre entreprise.

Combien aviez-vous comme capital pour investir dans Wahida Clark Publishing et quelles ressources aviez-vous utilisé pour financer votre entreprise ?

WC: Je ne suis pas sûr du montant exact. J'ai utilisé mes propres redevances de livres que j'ai vendues pour commencer Wahida Clark Publishing.
Les entreprises ont besoin d'un afflux continu de capitaux. Pour répondre à cette exigence, je ne cesse de mettre de l'argent en Wahida Clark Publishing.
Je paye pour l'édition, l'impression, l'aménagement intérieur, etc hors redevances de livres que je vends.

WAHIDA 2.jpgVous aviez déjà publié et vendu plus de 300.000 exemplaires de vos livres de la série de voyou dans d'autres éditeurs. Pourquoi avez-vous décidé de publier Justify My Thug et Payback Is Not Enough sous Contenu Cash Money?

WC: En prison, j'ai eu des contrats avec des maisons d'édition importantes. Quand je signe un contrat avec le contenu de Cash Money, j'ai simplement déplacé d'un éditeur à l'autre. Contenu Cash Money. . . quand je pensais à ce sujet, ils ont eu Nikki Minaj, Little Wayne, Drake, etc Ces artistes vendent des millions de CD à mon public cible.
Donc, ce fut une chance pour moi de puiser directement dans mon public cible. Cash Money a l'oreille de mon auditoire. En travaillant avec eux, j'ai une ligne directe dans mon public cible.

19 mai 2012

PARCOURS : XAVIER NIEL ENTREPRENEUR DEPUIS LE LYCEE

innovation 2.jpgxavier niel a.jpgA 45 ans XAVIER Niel est aujourd'hui un des businessman les plus puissants en France. Il a littéralement bousculé les géants du télécom et changé la vie des français en créant un boitier (box) capable de recevoir en illimité internet, la télévision et le téléphone. Le tout à un prix cassé de 30€ par mois.

Il est vice-président et directeur de la stratégie d'Iliad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d'accès à Internet et opérateur de téléphonie mobile Free, entités dont il est le fondateur.
En 2009, il est la 12e fortune de France avec 2,68 milliards d'euros. En 2011, il devient la 8e de France, et obtient la 297e place dans le classement des plus grandes fortunes du monde de Forbes, avec 3,7 milliards de dollars.

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13:27 Écrit par innovationcotedivoire dans Entrepreneurs en action, Parcours | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

27 juillet 2011

TOURE AHMED BOUAH : De l’écolier aux pieds nus à Kolia à l’étudiant de Bordeaux en costume

De l’écolier aux pieds nus à Kolia à l’étudiant de Bordeaux en costume, que de chemin parcouru ! Touré Ahmed Bouah est titulaire d’un diplôme d’ingénierie en management des risques obtenu à l’ETSAA à Cazeaux en France.

Natif de KOLIA, localité située dans le département de BOUNDIALI au nord de la Côte d`Ivoire, M.TOURE Ahmed Bouah se présente aujourd`hui comme une icône de la nouvelle génération de managers africains.

Auréolé, entre autres, du titre prestigieux de Meilleur Manager Africain par la prestigieuse Institution Panafricaine du Conseil des Managers Africains (IPCMA) réuni à Paris le 07 juillet 2009, pour ses orientations stratégiques en matière de développement durable mises en œuvre dans un climat économique extrêmement difficile en Côte d’Ivoire, ce chef d’entreprise émérite a été reçu en qualité d’invité d’honneur à l’UNESCO avec plus de 17 Chefs d’Etat et de gouvernement à la faveur de la remise du Prix Félix Houphouët Boigny pour la Recherche de la Paix au président brésilien Lula Da Sylva en 2009 à Paris.

Président du Conseil d’Administration de SOPHIA Immobilier, il mène de mains de maître le projet novateur de création d’un Pôle Urbain au Nord-ouest d’Abidjan avec pour objectif les rattrapages des infrastructures de base pour le soutien d’une économie qui représente plus de 40% du PIB de espace UEMOA.

Par ailleurs, il est le Président Fondateur de la FONDATION SOLIDARITE ET DEVELOPPEMENT dont l’objectif est de proposer une approche de solution à la question du chômage des diplômés sur le registre du retour à l’éducation et à la formation par le biais de la culture du travail.

C’est d’ailleurs l’axe majeur du programme qu’il s’est assigné. C’est ainsi que son engagement sans faille dans la lutte contre la pauvreté lui vaut sa nomination par les instances onusiennes en qualité d’Ambassadeur des Objectifs du millénaire (O.M.D).

Toure_Bouah.jpgTOURE Ahmed Bouah est né, il ya près d’un demi siècle, à Kolia dans le Grand Nord ivoirien, dans la pure tradition mandingue portée sur la valeur communautaire avec en prime un sens avisé de la valeur humaine.

Chez le peuple manding, la famille au sens très élargi, est le socle de la générosité et du bien partagé dont en premier lieu le partage de la nourriture. Cette valeur cardinale va formater son être et prendre pied dans toutes ses actions.

Dans le prolongement de cet altruisme, le jeune Ahmed Bouah, dont les premiers pas dans la vie ont été guidés par sa grand-mère a ainsi fréquenté l’école, non pas pour se contenter d’être quelqu’un, mais surtout pour servir les siens.

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15 avril 2011

PARCOURS D'ENTREPRENEURS

Deux entrepreneurs, deux histoires fascinantes, deux parcours différents mais un même résultat : la réussite .
 Mandy Dagry : Parcours exemplaire d’une jeune entrepreneur Ivoirienne
 Jean-Marc Barki : Un autodidacte français se fait une place au soleil

imagesCA6YLXJX.jpgEn six ans d’exercice, sa société de design d’intérieur Batidecor a acquis une notoriété certaine. Son secret :
- Foncer,
- Ne perdre aucune minute,
- Toujours se remettre en cause,
- Sans cesse se perfectionner

Mandy Dagry croit qu’une vie ne suffit pas, pour donner libre cours à ses rêves. Et que chacun de nous a de multiples capacités, qu’il doit pouvoir mettre en pratique. Mais avec maestria.

1. Entrepreneur depuis le collège
Elle a acquis très tôt l’esprit d’entreprise. Dès la classe de Sixième, elle a appris à se responsabiliser, en faisant plusieurs jobs et en gérant de petite structures pour subvenir à ses besoins. Cela partait du suivi scolaire d’enfants et de la manucure pédicure à domicile, à la gestion de petits commerces d’alloko-attiéké-poisson et d’un salon de coiffure. Après un diplôme de professeur de musique à l’Insaac et une maîtrise en communication, elle a fait un bachelor en design d’intérieur à Paris.
En 1996, elle a été séduite par cette dernière discipline, au contact d’amis étudiants aux beaux-arts. Et c’est là qu’elle a eu envie de créer une entreprise de décoration, une grande entreprise.

2. Des débuts difficiles
En 1997, elle a commencé à proposer ses services en décoration d’intérieur à ses amis et connaissances, tous charmés par le style convivial du studio qu’elle habitait.
Ce studio lui servait de bureau pendant qu’elle concevait les meubles qu’on lui commandait, et les faisais réaliser par des artisans. C’était un service personnalisé, avec des modèles uniques très appréciés. C’est ainsi qu’elle a pu avoir de petits marchés de rénovation de maison ou de bureau.
Elle travaillait aussi, entre autres, comme chanteuse de piano bar et gérante d’un magasin de viandes importées qui l’appartenait.
En 2002, elle a été recrutée comme hôtesse de l’air chez Air Ivoire. Cela lui a permis, quelque temps après et avec quelques économies, de prendre contact avec un avocat pour constituer Batidecor en entreprise.

3. Le travail après le travail le succès
Elle ne recevait aucune aide. Sa seule force, c’était son envie de réussir. Ces expériences lui ont servi pour Batidecor. De son studio, elle a emménagé dans un petit bureau. Elle était associée à une amie au départ. Et quand l’affaire à commencé à prendre de l’ampleur, elle n’a pas hésité à démissionner de AIR Ivoire quelques années après.
A cause de leur sérieux et de leur rigueur à la livraison, ils ont eu des marchés plus importants.
Le vrai déclic, pour lancer Batidecor, avait été le constat qu’il n’existait aucune entreprise de décoration qui proposait aux particuliers un aménagement de bout en bout : de la conception à la réalisation, en terminant par la touche de décoration.
Elle a exploité un marché vierge dans un domaine, le design d’intérieur, très peu concurrentiel en son temps. En 2004, il a fallu emménager dans un local plus spacieux, l’actuel siège du groupe.
Aujourd’hui, l’entreprise comprend trois directions, emploie 110 personnes et possède une unité de production de 05 ateliers, acquis en 2006.
La qualité de ses produits et prestations et surtout, le choix de valoriser les ressources humaines, ont fait le succès de Batidecor.
En avril 2008, Batidecor a été remarqués par une institution européenne, la Business Initiative Drections (BID) qui leur reconnu une capacité à concilier qualité, leadership, technologie et innovation.
Batidecor a également reçu le prix de l’Etoile internationale du leadership dans la qualité, dit « International Leadersship Star Quality Asward » dans la catégorie Or.

arton1719[1].jpgJean-Marc Barki : est le gérant de Sealock France, une société franco-britannique dont il est majoritaire. Son entreprise fabrique des colles industrielles à base aqueuse sans solvants et hot-melt. En France, Sealock est basée à Lens, dans le Nord-Pas-de-Calais. L’entreprise emploie 22 personnes dont quelques unes sont à l’étranger.

Découragement n'est Barki
Par ce qu’il avait raté deux fois son bac, puis son BTS, son père l’a obligé à lui rembourser ses frais de scolarité. Une bonne leçon pour Jean-Marc Barki (Gérant des colles Sealock), qui a, depuis, toujours voulu prouver sa valeur. En 1996, il a persuadé des fabricants anglais de colle industrielle de s’associer avec lui pour monter leur filiale française. Il a chapeauté la construction d’une usine de 500 000 euros, à Lens (pays de Calais). Aujourd’hui, il est majoritaire, emploie 25 personnes et réalise près de 4millions d’euros de chiffre d’affaires. Un succès qu’il attribue à sa capacité à écouter ses collaborateurs les plus experts. Et à saisir les opportunités. Lui-même a réussi, à 45 ans, à se faire élire à la présidence de la fédération européenne du secteur, qui pèse 15 milliards d’euros.

La leçon à retenir et à expérimenter :
la réussite viens à celui qui a la capacité d’être plus persévérant, plus tenace, plus bosseur et plus débrouillard que tous. Apprenez à pratiquer ces qualités.

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14:48 Écrit par innovationcotedivoire dans Parcours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : entreprise, entreprendre, entrepreneuriat, monde, afrique, côte d'ivoire, abidjan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |